jeudi 10 janvier 2013

Expo à Odyssud (Toulouse)

Poïvet un maître du dessin à Odyssud

Exposition.
Du 01/12/2009 au 19/12/2009

Ses amis dessinateurs, ses collègues du journal « Vaillant » l'appelaient « Maître » parce qu'il était capable de tout dessiner. Raymond Poïvet était l'égal des grands Américains (dont Alex Raymond qu'il admirait) et le dernier dessinateur de BD de formation classique (Il s'était formé à la peinture pendant 7 ans).

De cet artiste injustement oublié, Odyssud expose les dessins de mode, les craquantes illustrations de romans sentimentaux, les planches de labande dessinée « Les Pionniers de l'espérance », série célèbre à l'époque, et quelques autres œuvres témoignant de son incroyable talent et polyvalence

« Homme modeste, silencieux, attentif aux autres et très disponible », Raymond Poïvet est entré en BD un peu à reculons. De par sa formation, il aurait aimé se consacrer à la peinture ou ,à son rêve, le cinéma.

« Au sortir de la guerre, il était en pleine possession de ses compétences. Mais le choix des débouchés était restreint » explique son fils Dominique. Cette frustration ne l'a cependant pas empêché de connaître un énorme succès avec « Les pionniers de l'Espérance », une bande dessinée poursuivie pendant un quart de siècle et dont la parution avait débuté à la fin de l'année 1945, dans l'hebdomadaire « Vaillant ». Publication du Parti Communiste destinée aux jeunes, cette série de science-fiction véhicule des idées antiracistes et anticolonialistes.

« Le jardin fantastique », l'un des épisodes des « Pionniers », paru en 1953, transpose les aventures des héros au 50e siècle de notre ère, dans un univers froid et technologique, où ils évoluent dans un cosmos robotisé et mécanisé. Prémonitoire. Son passage à Pilote de 1961 à 1967, libère la technique de Raymond Poïvet.

À l'époque de l'underground (1 968) de « Métal Hurlant », de l'»Écho des savanes », il élabore « Allô, il est vivant », un récit muet qui préfigure Moebius.


« L'échiquier cubique » est considéré comme son chef-d'œuvre et son volume le plus personnel. L'artiste y révèle sa pensée ainsi que sa vision de la vie et de la société. L'exposition rétrospective d'Odyssud présente également de magnifiques dessins de figures mythologiques au féminin : Pasiphaé, Judith et Holopherne, la reine de Saba… exécutés à la fin de sa vie. Raymond Poïvet est mort à 89 ans en 1999. Sur son lit d'hôpital il dessinait encore.










Exposition Raymond Poïvet, maître graphomane à Odyssud (4, avenue du Parc à Blagnac) jusqu'au samedi 19 décembre inclus.

Annie Hennequin
(Publié le 01/12/2009, guide du Tourisme grand Sud)



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